Présidentielles - France 3 distibrue les bons points.
Sidérant sujet dans le 12/13 de France 3, daté du 19 avril : quatre jours avant le verdict des urnes, la chaîne publique, sans le moindre état d’âme, diffuse un sujet sur "Les gagnants et les perdants
de la présidentielle".
Faute de boule de cristal pour savoir quels seront les scores exacts des dix candidats, le 22 avril au soir, elle se tourne vers les directeurs des principaux instituts de sondage. Comme si les instituts de sondage n’avaient pas à leur palmarès quelques fiascos mémorables lors des élections présidentielles ! En 1995, Jacques Chirac perdait son temps à vouloir se présenter, tellement Edouard Balladur était sûr d’être élu et en en 2002 aucun de ces brillants "prédictologues" n’avait vu Jean-Marie Le Pen devancer Lionel Jospin.
D’après ces spécialistes de la mesure du vent à l’aide d’un doigt mouillé, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont donc les grands gagnants de cette présidentielle, tandis que François Bayrou et Eva Joly sont les cancres de la compétition. On notera avec amusement que la chaîne se garde bien d’évoquer Nicolas Sarkozy ou François Hollande, afin de ne pas insulter un éventuel futur employeur.
Au lieu de mesurer au millième de seconde les temps de parole alloués à chaque candidat, le CSA ferait bien de froncer les sourcils face à de telles dérives. Et pourrait aussi dire un mot sur l’agressivité à géométrie variable des journalistes de télévision, les Apathie, Pujadas, Ferrari, Mazerolle, Elkabbach, Bourdin et consorts, tellement incisifs avec les petits candidats et tellement serviles avec Nicolas Sarkozy ou François Hollande.
L’égalité en démocratie, ce n’est pas qu’un partage équitable des minutes allouées au débat politique, c’est aussi manifester en toutes circonstances un respect absolu à l’égard de tous les candidats. Il est pénible de constater que, depuis les débuts de la Ve République, jamais les télévisions ne s’étaient affranchis avec une telle désinvolture de cette règle.
Yves Marri
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"Sarkozy va l'emporter"
Architecte très impliquée dans sa ville de Saint-Germain-en-Laye, Marta de Cidrac s’est fait connaître grâce à plusieurs projets de développement durable.
Enseignante à l’université de Cergy-Pontois
e et par ailleurs maman de trois enfants, elle n’a pris sa carte à l’UMP qu’après avoir été élue aux municipales de 2008 "par souci de clarté vis à vis des concitoyens".
Une évolution logique pour cette passionnée de vie publique, car "il y a des valeurs que je ne retrouve pas au PS".
Nommée adjointe, chargée de la Petite Enfance et de la Vie Scolaire, elle découvre les joies du terrain et d’une lourde délégation "car la ville compte 22 000 scolaires". Marta constate au passage, en échangeant avec ses collègues des autres villes que "tout ce qui est enfance, vie scolaire, relève essentiellement du domaine féminin en politique". Ardente militante de la parité, elle aimerait voir les femmes briser les stéréotypes et voir plus d'hommes s'intéresser à des délégations souvent dévolues aux femmes.
Marta s’investit beaucoup dans l’actuelle campagne électorale. Contrairement à nombre de Français, elle estime que cette campagne est d’un bon niveau et avoue attendre le second tour avec impatience. "L’avenir d’un pays, c’est sa jeunesse et sa capacité à l’innovation, ce que l’UMP a compris, alors que pour la gauche, en dehors du salariat, il n’y a point de salut".
Ne doutant pas une minute de la combattivité de son champion, Marta de Cidrac affirme : "ce sera serré, mais je vois Nicolas Sarkozy l’emporter".
Yves Marri
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"Rachida Dati dit la vérité aux gens"
Pour Benjamin de Grave, la politique est une affaire de famille: "ma mère était élue d’un village de l’Oise et a débuté en politique dans la circonscription d’Eric Woerth". Agé de 17 ans, il es
t actuellement responsable UMP des lycées du VIIe arrondissement de Paris.
Le fait d’être scolarisé en première et militant du parti actuellement majoritaire ne pose aucun problème à ce jeune sarkozyste convaincu : "Mes profs sont sympas et connaissent mon engagement politique. Il n’y a qu’avec mon enseignante d’économie, un peu à gauche, que les discussions sont parfois tendues".
Benjamin est de toute façon persuadé que son avenir passera par la politique. Il a déjà obtenu d’effectuer un stage à la mairie du VIIe arrondissement et voue à Rachida Dati une véritable admiration : "j’apprécie sa combattivité, sa détermination. Elle dit la vérité aux gens et ne change pas d’avis. J’ai vu comment elle travaillait et à quel point elle est présente sur le terrain".
Pour le jeune responsable UMP, qui rêve de devenir avocat, "même si ma priorité reste la politique!", ce sera la faculté de droit de la rue d'Assas après le baccalauréat, en espérant ensuite décrocher Sciences-Po.
Présent au meeting de la Place de la Concorde, Benjamin a vécu "un grand moment qui montrait tout l’amour de Nicolas Sarkozy pour la France".
Ce jeune adepte de la langue de bois affirme ne tenir aucun compte des sondages défavorables à son candidat, tout en regrettant d’être trop jeune pour avoir le droit de voter dimanche.
Yves Marri
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Philippe Poutou rase gratis
"L’impôt sur les sociétés, si on le repasse à 50 %, c’est 35 milliards d’euros qu’on récupère."
Philippe Poutou, le 13 avril sur RMC.
A l’approche du 1er tour de l’élection
présidentielle, le candidat du NPA Multiplie les interviews. Philippe Poutou en profite pour chiffrer son projet, même s’il souhaite supprimer la présidence en cas de victoire le 6 mai prochain.
Source de revenus non négligeable pour le Nouveau Parti Anticapitaliste : l’impôt sur les sociétés.
Il s'agit d'une taxe sur les bénéfices des entreprises. Depuis le 1er janvier 1993, son taux est de 33,3 %.
Il était de 50 % jusqu’en 1985 puis a progressivement diminué pour atteindre son taux actuel.
Selon le patronat, il reste trop élevé.
Selon le NPA il faut l’augmenter.
Pour le parti de l'ultra-gauche, un simple retour à une imposition de 50% permettrait de faire passer l’impôt sur les sociétés de 36 milliards à 54 milliards d’euros. 18 milliards iraient donc renflouer les caisses de l’État.
Les 35 milliards annoncés par Philippe Poutou restent inatteignables.
L’objectif de Philippe Poutou n’est évidemment pas d’être crédible, mais bien de mettre en lumière un rapport de force.
Lutte des classes, quand tu nous tiens...
Marie Déchamps
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Mélenchon veut faire recette avec les accidents du travail
"Les accidents du travail et les morts au travail (coûtent) 13 milliards d’euros par an, une augmentation de 47% en 8 ans !"
Jean-Luc Mélenchon, le 10 avril sur France Inter.
En
pleine explication du chiffrage de son programme présidentiel, Jean-Luc Mélenchon dégaine une mesure choc pour faire des économies : s’attaquer aux accidents du travail.
En filigrane, le candidat du Front de gauche dénonce une dégradation alarmante des conditions de travail des Français.
Une dénonciation pas franchement corroborée par les chiffres.
En France, une section entière de la Sécurité Sociale est consacrée aux accidents du travail.
Selon les chiffres de l’Assurance Maladie, en 2009, les dépenses de cette branche spécifique s’élevaient à 11,8 milliards d’euros.
Mais l’ancien socialiste oublie de préciser les recettes engrangées par cette branche, grâce aux cotisations des entreprises : 11,1 milliard en 2009, soit un déficit de 700 millions.
Un déficit ramené à 200 millions en 2010. Une paille à côté des 17,4 milliards de pertes enregistrés par l’ensemble de la Sécurité Sociale...
Surtout, l’augmentation du nombre d’accidents de travail avancée par Jean-Luc Mélenchon est largement infirmée par l’Assurance Maladie. Entre 2000 et 2010, leur fréquence diminue sensiblement, passant de 44 à 36 accidents pour 1000 salariés.
En revanche, les accidents de trajet et surtout les maladies professionnelles sont en nette hausse : +11% par an pour les maladies professionnelles sur la dernière décennie. Un constat nuancé par les experts, qui soulignent l’intérêt récent pour ces pathologies, impliquant une hausse mécanique du nombre de cas.
Julien Faret
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Dans le Rhône, François Bayrou... Divise le Modem.
François Bayrou avait affirmé il y a quelques mois qu’il prendrait parti pour l’un des candidats présents au second tour de la présidentielle s’il n’y accédait pas. Cette phrase n’a pas été oubliée pa
r ses soutiens. Encore moins à Lyon, ville centriste par excellence.
Ainsi, Anne-Sophie Condemine, adjointe Modem au maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb, a estimé qu’elle ne partirait pas aux législatives sous les couleurs du Modem si François Bayrou se ralliait à Nicolas Sarkozy.
"Les quatorze investitures se décideront après le premier tour par Paris", affirme de son côté Cyrille Isaac-Sibille, le chef de file Modem dans le Rhône: "dans notre parti, il y a des gens qui penchent plus à droite ou plus à gauche. C’est toute la complexité du Modem. Anne-Sophie Condemine est adjointe de Gérard Collomb mais aussi profondément attachée au Modem", explique celui qui préfère rester sur le principe du ni gauche ni droite.
Une autre conseillère municipale lyonnaise, Fouzida Bouzerda, estime qu’un accord avec Hollande ou Sarkozy "ne lui fait pas très envie". Le chef de file départemental et candidat dans la 12e circonscription du Rhône doit donc rassembler son camp qui se pose de plus en plus de questions.
"Le fait de ne pas avoir pris parti nous a coûté cher dans le passé mais il n’est pas du tout exclu que François Bayrou décide de rester indépendant". Pour Cyrille Isaac-Sibille, le parti centriste doit être représenté dans toutes les circonscriptions du Rhône.
Au jeu des prévisions, le chef de file départemental du MoDEM pense qu’une défaite de Nicolas Sarkozy pourrait entraîner "la fin de l’UMP", un parti politique dont tous les "cadres sont des anciens RPR. Douste-Blazy a compris son erreur et il est revenu. De Robien, il devient quoi? Les anciens UDF n’ont plus de place à l’UMP".
Frédéric Thomas
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